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ART DE L'EGYPTE
cours de Sabine Barbé
Atelier des Beaux Arts de la Ville de Paris
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Introduction chronologique
 
-3300 ans Epoque Nagada II
-3100 ans Epoque Thinite
-2700 ans Epoque Ancien Empire
Pharaons : Djeser, Chéops, Chéphren, Mykérinos
-2200 ans Première époque intermédiaire
-2060 ans Epoque Moyen Empire
Pharaons : Nebhetepré Montouhotep, Amenemhat I, Sésostris III, Amenemhat III
-1786 ans Deuxième époque intermédiaire
-1555 ans Epoque Nouvel Empire
Pharaons : Amosis, Thoutmosis III, Amenophis III, Amenophis IV-Akhénaton, Toutankhamon, Séthi I, Ramsès II, Ramsès III, Ramsès IV à Ramsès XI
-1080 ans Troisième époque intermédiaire
Pharaons : Psousennès I, Siamon, Chéchanq I, Osorkon I, Piyé (Piankhi), Chabaka
Domination successive des Libyens, Ethiopiens, Assyriens
-664 ans Basse Epoque
Pharaons : Psammétique I, Nectanebo I, Nectanebo II
-332 ans Epoque Ptolémaïque (période hellénistique)
Alexandre le Grand, Ptolémée II Philadelphe, Cléopâtre VII
-30 ans Epoque Romaine
300 ans / 1100 ans Epoque Copte
641 ans Conquête Arabe
1799 ans Expéditions de Bonaparte : naissance de l'égyptologie
1822 ans Jean-François Champollion découvre la Pierre de Rosette permettant de traduire les hiéroglyphes
L'Egypte exerce une attraction phénoménale en raison de la forte symbolique de cette civilisation (nombreux mystères).
 
Géographie, richesses naturelles et climat

On distingue généralement quatre régions, la Basse-Égypte, la Moyenne-Égypte, la Haute-Égypte et la Nubie.
L'Égypte multiplie les extrêmes : pays arabe le plus peuplé, 90 % de sa population habite dans une bande de terre fertile qui longe le Nil (24 km dans sa plus grande largeur près du Fayoum, en moyenne 10 km, mais peut n’avoir qu’une centaine de mètres). Le reste du territoire est désertique. Au sud, le Nil se heurte à une barrière montagneuse; à mesure qu'il se dirige vers le nord, le paysage devient de plus en plus plat et désertique. Au nord du Caire, la vallée se transforme en un vaste delta de 200 km de large, semblable à un grand éventail fertile plongeant dans la Méditerranée. À l'est de la vallée se trouve le désert d'Arabie, à l'ouest le désert de Libye, plateau aride ponctué de formations géologiques bizarres et d'oasis luxuriantes. À l'est, par delà le canal de Suez, s'étend la péninsule du Sinaï, extension du désert d'Arabie, où le mont Sainte-Catherine culmine à 2642 m.

L'Egypte est riche en grès, granit, bauxite, or et de cuivre, turquoise, améthyste, malachite dans la région du Sinaï.
L'Egypte manque de bois (Liban), d'épices, lapis-lazuli (Proche-Orient), argent (Assyrie), eben, ivoire, huile (Afrique et Crète).
3 saisons dictées par le Nil :
- saison des inondations (Akhet)
- émergence des terres (Peret)
- saison sèche (Shémou)

 
Cartes de la région
 
Ecriture

Hiéroglyphe (hieros : sacré et gluphein : graver) : écriture sacrée sous la forme de signes (7000 signes différents). Cette écriture se compose de sons (phonogramme) et d'idées (idéogramme). Lecture dans tous les sens en fonction du décor où elle est écrite.
Hiératique : écriture sacrée cursive (courante, rapide).
Démotique : écriture secondaire cursive (simplifiée pour le peuple)

Pierre de Rosette (1,12 mètres, British Museum)
Décret de Ptolémée V doublement écrit en égyptien (écriture hiéroglyphique et démotique) et en grec

Symboles

Basse Egypte : symbole du Papyrus (il représente la création de l'univers), vautour
Haute Egypte : symbole du Lotus, cobra
L'Egypte est une région contrastée : fertilité du Nil et stérilité du désert. Ce contraste influence les esprits et la cosmogonie : ordre et désordre, chaos du désert, dichotomie de la vie et de la mort.

Séma-taoui : "l'Union des Deux-Terres"

C'est l'union politique de la Haute et de la Basse Egypte, un processus qui tenait une place très importante dans l'idéologie loyale et qui se reflète dans l'iconographie égyptienne. Une scène qui l'illustre sont les plantes héraldiques de la Haute et de Ia Basse-Egypte, le papyrus et le lotus, nouées autour du signe hiéroglyphique signifiant "unir". Attestée dès le début de l'Ancien Empire, cette représentation connaît plusieurs variantes que l'on rencontre sur des supports les plus divers. Le séma-taoui est très souvent figuré, en relief ou en peinture, sur les côtés des trônes royaux.


Pharaon

Pharaon : "grande maison" ou "roi", il est le représentant des Dieux sur Terre, le garant de l'ordre et de l'unification de la Haute et Basse Egypte. Le Nil est un facteur d'unification de la Haute et Basse Egypte, au même titre que le roi.
Fonctions du Pharaon :
- Guerrière
- Sacerdotale (premier prêtre)
- Gestionnaire de la crue
- Incarnation de l'Etat : il peut être secondé d'un Vizir (premier fonctionnaire de l'administration Pharaonique)
Signes distinctifs du Pharaon :
- Horus (dieu à tête de faucon)
- Némes (coiffe)
- Linge et ruban sur les cuisses
- Pagne
- Queue du taureau entre les jambes
- Crochet et fouet (domination sur les animaux)

Peintures et pigments utilisés

Rouge : oxyde de fer
Bleu : azurite, lapis-lazuli
Jaune : sulfure d'arsenic, or piment de perse
Vert : cuivre
Blanc : chaux
Enduit pour le pigments en limon du Nil

 


1. Epoque Nagada II

De -3300 ans à -3100 ans :

Apparition de la sculpture en ronde bosse (plein relief) et du maquillage (fard) des yeux.

 
Palette des canidés (-3300/-3100 ans, 32 cm, Musée du Louvre)

Palette de fard où l'on broyait la poudre à maquiller. Motifs : lion, giraffe
 
Palette de la chasse (-3300/-3100 ans, schiste, Musée du Louvre)
Personnages armés, portant des casques et livrant bataille aux animaux du désert. Visage de profil, œil de face, torse et épaule de face, bassin de ¾ et jambes de profil. Cette posture restera la règle (canon) durant toute la période égyptienne.
 

Couteau de Djebel El Arak (3300/-3200 ans, 25 cm, lame de silex, manche en ivoire, Moyenne Egypte, près d'Abydos, Musée du Louvre)

Sur une face : bataille navale opposant des hommes (crânes rasés contre cheveux en nattes)
Sur l'autre face : luttes entre deux lions avec un dresseur au centre.
 

2. Epoque Thinite
 
De -3100 ans à -2700 ans :

Règne des roi Scorpion et Ménès : unificateurs de l'Egypte
Apparition des premières tombes en brique pour les souverains
 
Stèle du roi serpent (-3000 ans, calcaire, 1,45 mètre, Moyenne Egypte, près d'Abydos, Musée du Louvre)
Représentation du dieu Horus à tête de faucon (protecteur de la royauté dont le roi est la forme terrestre), du roi (serpent) et de son palais.
Les rois thinites, enterrés à Abydos, ont marqué leurs tombes de ces stèles de pierre. Les rois des deux premières dynasties ne se faisaient pas encore construire de pyramide. Leurs tombeaux étaient constitués d’un caveau recouvert d’un massif de briques de terre crue, de forme simple, La pierre était alors peu utilisée. Autour des tombes royales, des dignitaires ayant servi les souverains ont eu la faveur d’installer leurs sépultures. Eux aussi ont fait sculpter des stèles à leur nom, mais celles-ci sont de dimensions modestes (de 30 à 50 cm), de formes irrégulières et de facture maladroite.
La fonction de ces stèles était de matérialiser pour l’éternité la présence des défunts sur terre et de leur permettre de profiter du service d’offrandes assuré par la postérité.
 
Palette de Narmère (-3100 ans, bas-relief, 63 cm, Hiératonépolis, Musée du Caire)
Représentation du roi terrassant son ennemi (Nord) et d'Horus tenant par le nez le même ennemi (Nord). Les ennemis sont également représentés de façon chaotique en dessous (il n'y a pas de ligne de sol). La façade du palais en haut porte le nom du roi. La symbolique de la scène évoque une victoire du Sud contre le Nord. Le Sud est représenté par un faucon qui extrait des papyrus (le Nord) de la tête d'un autre ennemi.
 

3. Epoque Ancien Empire
 
De -2700 ans à -2000 ans :

Capitale : Memphis

Art :
Statuaire égyptienne et conventions de représentation
Ce qui est important n'est pas ce qu'on voit, mais ce qu'on sait.
Statue compacte et solide (bras souvent replié, jambes droites) :
- Volonté de représenter le défunt pour l'éternité, sans risque de casse pour ne pas disloquer le défunt.
- Volonté de ne pas affaiblir la pierre pour ne pas blesser l'image vivante du défunt
Visage réaliste dans les expressions
Ocre jaune : représentation de la femme
Ocre rouge : représentation de l'homme
Taille croissante des personnages en fonction de leur niveau hiérarchique
Présence d'une croix de vie
Visage de profil, œil de face, torse et épaule de face, bassin de ¾ et jambes de profil
Le petit peuple échappe à cette convention : ils peuvent avoir des postures différentes.

Pyramides

La pyramide est construite à l'image des rayons du soleil. Elle est aussi l'image du tertre primordial (dieu Atoum). Leur construction n'a pas nécessité d'esclaves. Ce sont des paysans payés qui alternent entre le travail de la terre et la construction des pyramides.
La pyramide, tombeau du Pharaon, est entourée d'une enceinte sacrée et d'un temple funéraire relié au temple de la vallée près du Nil. Lors des funérailles, il y a d'abord des cérémonies de purification au temple du Nil puis des cérémonies de la bouche et des yeux au temple funéraire (ouverture à l'au-delà).
A l'intérieur de la pyramide se trouve une statue du défunt : elle incarne le "Ka" du défunt, c'est-à-dire ses énergies vitales. Devant la statue sont posées des offrandes sculptées et organiques pour subvenir aux besoins du défunt dans l'au-delà. Le "Ba" est l'âme demeurant sur Terre après la mort et qui peut aller se reposer dans le corps la nuit.

Cosmogonie d'Héliopolis

On parle aussi de l'Ennéade d'Héliopolis : 9 dieux (qui vont "terroriser" les Egyptiens).
- Noun est l'océan primordial (eaux, chaos).
- Il enfante Atoum (le soleil, le créateur dont le pharaon est le représentant sur Terre et la pyramide l'image du tertre primordial).
- Atoun enfante
Shou (le sec - le masculin) et Tefnout (l'humide - le féminin).
- Shou enfante Geb (la Terre)
- Tefnout enfante Nout (le Ciel)
Geb et Nout enfantent Isis et Osiris, Seth et Nephys. Osiris est le dieu des morts et de l'au-delà, force fécondante. Isis est l'épouse d'Osiris, trône de l'Egypte, force génératrice. Seth est le dieu du chaos. Nephtys est l'épouse de Seth.
Osiris est désigné par les Dieux pour exercer la royauté sur Terre. Seth est jaloux d'Osiris. Il l'assassine, le découpe en morceaux et les met dans un coffre qu'il jette dans le Nil. Isis retrouve 14 bouts de son époux Osiris, mais il manque le pénis avalé par un poisson. Isis va retrouver la flamme fécondante d'Osiris pour enfanter Horus (fécondation virtuelle car Osiris est mort). C'est le souffle qui lui donne vie. Horus va ensuite se venger et combattre Seth. Il lui rompt les parties et Seth lui arrache un œil. C'est le combat entre la lumière et les ténèbres.

Maat : équilibre cosmique du monde créé, vertus de modération, discrétion, générosité.
Le peuple est extrêmement soumis aux principes moraux de la Maât. Le peuple est serviteur, il s'associe aux fêtes mais ne fait pas partie du culte religieux. La religion n'est pas populaire, elle est élitiste.

 
Statues du Pharaon Kephren (-2600 ans, diorite verte (1) gneiss (2), Temple de la Vallée du Pharaon, Musée du Caire)

1. 2.
Le Pharaon est assis sur son trône, son regard semble lointain. Sa nuque, couverte du Némès, est protégée par le faucon Horus qui enserre de ses ailes protectrices la royale tête. "Le Pharaon est un Horus sur Terre".
Représentation du Sémataoui (trachée artère) sur le bas côté du siège du Pharaon : symbole de l'unification de la Haute et Basse Egypte.
 
Pyramide de Djoser (Saqqarah)
Roi de la IIIème dynastie (vers -2 700 ans jusqu'à -2 620 ans). C'est la première pyramide à étage construite par Imotep.
Pyramide fictive car le souverain était enterré à côté.
 
Pyramides de Khéops, Képhren, Mykerinos (-2 620 / -2 500 ans, Giza)
IVème dynastie
Sphinx : portrait idéalisé du Pharaon incarnant la force du lion, la sérénité et l'amabilité (sourire).
 
Sphinx de Memphis (-2 620 / -2 500 ans, Giza)
Il est orienté face au soleil levant. Il attend le soleil chaque matin : cycle, renaissance, certitude d'une nouvelle vie à chaque lever de soleil.
 
Tombe d'Ounas  
Dernier roi de la Vème dynastie
Découverte des premiers textes des pyramides qui contiennent les préceptes moraux et la signification de la sépulture. Ces textes sont caractéristiques de l'Ancien Empire : le roi à sa mort devient le soleil. Il accède à l'immortalité.
Les empires suivants auront également leur texte gravé dans les tombes :
Moyen Empire : texte des sarcophages
Nouvel Empire : livre des morts
 
Statue de Sepa et Nésa (Musée du Louvre)
Femme : pieds joints, vêtements moulants, bras droit le long du corps, bras gauche replié sur le ventre. Homme : idem pour les bras sauf qu'il tient un bâton. Ils portent tous les deux une perruque.
 

Statue de Rehotep et Nefret (Méïdoum, Calcaire peint, 1,22 mètres, Musée égyptien du Caire)

IVème dynastie
Mastaba de Rahotep
Homme : ocre rouge. Femme : ocre jaune. Il porte la moustache, a les bras très près du corps. Les yeux sont très réalistes : cornée en quartz blanc, pierre précieuse pour la pupille.
 
Le scribe accroupi (-2600 / -2350 ans, Saqqarah, Calcaire peint, 54 cm, Musée du Louvre)
IVe ou Ve dynastie
La prunelle a été creusée de l'intérieur pour ajouter de la profondeur au regard.
La fonction de scribe est la plus profitable à l'époque (intellectuel de nos jours).
Son visage présente des traits qui dénotent la qualité d’observation du sculpteur : l’ossature sous-jacente, les lèvres minces et pincées, les narines dilatées donnent l’impression d’un portrait. L’artisan a également soigné le regard : les incrustations de cuivre, de magnésite et de cristal de roche ajoutent une note de réalisme à l’œuvre.
La position du personnage et le matériel dont il se sert désignent un cadre supérieur de l’administration royale. En effet, les statues de même catégorie, inscrites, représentent toujours ceux qui sont chargés des plus hautes fonctions et font partie de l’entourage du souverain.
 
Stèle de Nefertiabeth (calcaire polychrome, cimetière de Giza)
IV ème dynastie
Position serrée des bras, devant sa table d’offrandes.
Le décor est l'écriture : il y a autant à lire qu'à voir.
Représentation de tous les aliments destinés au séjour de la défunte dans l'au-delà (viande rouge, blanche…)
 
Les oies de Meidoum (-2 600 ans, Musée du Caire)
Premières peintures égyptiennes
 
Mastaba d'Arkétiep
 
Vème dynastie
 

4. Epoque Moyen Empire
 

De - 2200 ans à 1786 ans :

-2200 ans : Période intermédiaire avant le Moyen Empire : troubles (nombreux morts).
-2060 ans : Moyen Empire
-1878 ans (-1842 ans) : règne de Sésostris III, cinquième roi de la XIIe dynastie. Son règne marque l'apogée du Moyen Empire. Ce pharaon est resté dans la mémoire des Egyptiens comme l'un des plus grands de leur histoire. Sésostris III hérite d'un pays que ses prédécesseurs ont bien géré et su faire prospérer durant une longue période de paix.
Son père Sésostris II a engagé la mise en valeur de l'oasis du Fayoum par de grands travaux d'aménagement et d'irrigation. L'activité économique et commerciale florissante de l'Egypte attire de nombreux travailleurs asiatiques dans la vallée, et l'influence égyptienne est plus forte que jamais à Byblos, la vieille cité amie de Phénicie.
Dès son accession au trône, il entame une réforme administrative radicale qui brise le pouvoir de ces dignitaires locaux. La charge de nomarque est supprimée, et la gestion du territoire confiée à trois ministères régionaux ( Nord, Sud et Nubie). Chacun des trois ministres est un fonctionnaire nommé par le roi, qui travaille sous l'autorité directe du vizir. Cette réforme entraîne la création de nombreux postes de fonctionnaires subalternes (officiers, scribes) qui constituent une nouvelle « classe moyenne » prospère et dévouée au pharaon. Hors de l'Egypte proprement dite, Sésostris III doit assurer la reprise en main de la Haute-Nubie, entre les 2e et 3e cataractes. Cette pointe méridionale des possessions égyptiennes subit alors les incursions régulières de tribus kouchites venues du Sud. Le roi pacifie la région en quatre campagnes militaires. La frontière est renforcée par la rénovation ou la construction d'un réseau de huit forteresses pourvues de garnisons. Les habitants de la province, reconnaissants, placeront Sésostris III au rang des divinités locales. Au Nord, le pharaon lance une expédition militaire contre les Mentjiou, turbulents nomades sémitiques qui menacent régulièrement le nord-est de l'Egypte. Cette campagne le mène jusqu'en Palestine: il est le premier pharaon à mener de vraies opérations de guerre en Asie. Les sources égyptiennes mentionnent à cette occasion la ville de Jérusalem. Sésostris III se fait construire sa pyramide à Dashour, au nord de Licht, résidence de la XIIe dynastie. Lorsqu'il disparaît, après trente-six ans de règne, l'Egypte du Moyen Empire est au sommet de sa puissance et de son influence.

Politique : Un changement se produit pour légitimer le pouvoir : les Pharaons doivent faire appel à un dieu pour obtenir l'immortalité alors qu'avant il survivait naturellement dans la tombe. Osiris est chargé de juger le Pharaon en pesant son cœur.
Art : Apparition des statues de particuliers offertes dans les temples (statuaire votive en forme de cube)
Changement des conventions : étirement des formes
Apparition du bronze, Texte des sarcophages dans les tombes

Statuette féminine (19 cm, ivoire, -2 000 ans, Musée du Louvre)  
Lignes verticales, étirées donnant une impression de finesse
 
Porteuse d'offrandes (Musée du Louvre)
Ligne allongée, corps en mouvement, vêtement peint
 
Chancelier Nakhti (-1963 /-1786 ans, Assiout
Bois d’acacia, 1,62 m )
Début de la XIIe dynastie
Ce grand dignitaire se tient debout, jambe gauche en avant, ses bras le long du corps. De sa main droite, aux doigts trop longs, il retient le pan de son vêtement. Son poing gauche devait peut-être tenir un sceptre, marque de son autorité. Le visage de Nakhti a perdu l’expression d’humanité initiale que l’artisan avait dû lui conférer avec une légère couche de stuc coloré dont on peut encore remarquer les traces auprès des incrustations de l’œil gauche, sur le front et les oreilles. Sur le socle, une inscription en équerre indique la haute dignité de Nakhti, reconnue tant dans le monde des morts qu’ici bas : "Le bienheureux auprès d’Osiris-maître-de-l’Occident-dans-toutes-ses-places, le chancelier Nakhti, excellent." Nakhti a le titre de « Chancelier, Commandant des navires ». Lors de sa découverte, la momie de Nakhti est ainsi décrite : « Nakhti dut succomber en pleine vigueur et dans la force de l’âge. Son crâne, du type dolichocéphale, et sa face avaient été rasés de près au moment des opérations de momification. Les sourcils, très noirs, étaient encore apparents ; les oreilles étaient petites, ourlées et bien plantées. Les mains, aux doigts longs et effilées, avaient les ongles soignés et coupés ras. »
 
Barques funéraires (modèle réduit, 80 cm)
Evocation d'un pèlerinage lors des funérailles
 
Fermes (modèle réduit)
 
Evocation de la vie rurale
 
Hippopotame (-2033 / -1710 ans, nécropole de Thèbes, 20,5 cm x 12,7 cm)


Moyen Empire
Symbole de Seth (mal) présent dans les tombes. Dessins d'algue sur le corps pour signifier qu'il est au fond des eaux et qu'il ne peut en remonter, il est donc inoffensif.
L'animal, fabriqué à partir d'une matière que les Anciens nommaient "brillante", se tient à l'arrêt, la tête légèrement penchée en avant. A part les traits qui soulignent quelques détails anatomiques, son corps bleu est peint de plantes et de fleurs aquatiques ; il est dans son milieu écologique, le fond du marécage.
Les figurines de ce type ont été retrouvées en grand nombre dans les tombes du Moyen Empire, mais aucun texte ne nous informe clairement sur la fonction et le rôle symbolique de l'animal. Ces hippopotames pourraient être interprétés comme des représentants des forces hostiles vaincues, mais ils pourraient aussi bien matérialiser la présence et la protection de Ta-Ouret, la bonne déesse de la fécondité et de la maternité
 
Concubines bleues
Présente dans les tombes, parfois sans jambes ni bras, elle a pour fonction d'inciter le mort à l'acte sexuel " pour permettre au défunt de renaître de ses propres œuvres ".
 
Sésostris III (-1850 ans, Musée du Louvre (1), Musée Egyptien de Berlin (2), British Museum (3))
1. 2. 3.
12e dynastie
Il porte les signes distinctifs du Pharaon : Némes (coiffe), linge et ruban sur les cuisses, pagne, queue du taureau entre les jambes
 
Linteau de Sésostris III (Musée du Louvre)  
Représentation du Pharaon jeune et vieux : cycle de la vie et cycle solaire.
Tel est le devenir " Osiriaque " du Pharaon.
 

 


5. Epoque Nouvel Empire

-1 555 ans jusqu'à -1 080 ans :

-1786 ans : Deuxième Période intermédiaire avant le Nouvel Empire
-1555 ans : n
ombreuses conquêtes qui apportent richesse et raffinement. Les dynasties de cette époque sont les plus prospères. L'art égyptien atteint son apogée.
-1365 ans : règne de Aménophis IV (Révolution Amarnienne de -1365 ans à - 1349 ans)
La Révolution Amarnienne désigne la période durant laquelle le pharaon Akhénaton régna dans sa nouvelle capitale, Akhetaton. Le nom arabe du site est Tell el-Amarna, d'où l'adjectif amarnien.
Sur le plan religieux, cette période fut marquée par un ensemble de réformes uniques dans l'histoire de l'Égypte ancienne : « le roi hérétique » proclama la suprématie du dieu solaire Aton, ferma les temples du dieu thébain Amon, interdit le culte des dieux traditionnels et confisqua les biens du clergé au profit de l'État. En même temps, il abandonna Thèbes, la capitale religieuse, et édifia sa nouvelle capitale dans un lieu désertique en Moyenne Égypte, à Tell el-Amarna. La cour de même que la chancellerie royale déménagèrent à Akhetaton et les notables qui suivirent le roi dans sa nouvelle capitale se firent creuser leurs sépultures dans les falaises entourant le site. Construite à la hâte et en grande partie en briques crues, la ville ne résistera pas à l'épreuve du temps, aidé en cela par les successeurs d'Akhénaton qui chercheront à effacer toute trace de l'« hérésie » amarnienne.
-1193 ans : La décadence commence avec Ramsès III (-1193 ans)

Politique : Un nouveau changement se produit pour légitimer le pouvoir : création du " château (ou maison) de milliers d'années " qui est combiné du temple funéraire et du temple divin. Ainsi, le Pharaon et le Dieu se rapprochent.
Art
: Révolution esthétique Amarnienne sous Aménophis IV (-1 365 ans jusqu'à -1 349 ans)
Changement dans la statuaire :
- douceur des traits
- qualité des motifs des cheveux et perruques
- égalité femme - mari (la société égyptienne est fondée sur la famille, la femme est indépendante financièrement et elle est à égalité avec l'homme)
Dans le domaine de l'art aussi, la période amarnienne est en rupture avec le passé : l'art amarnien se caractérise par une représentation des personnages, surtout de la famille royale, qu'on a qualifiée d'expressionniste ou de caricaturale. Cette représentation fait contraste avec une figuration délicate de la nature, un naturalisme où abondent les plantes, les fleurs et les animaux.
Livre des morts dans les tombes : formule magique permettant au défunt de sortir le jour et rentrer la nuit.

 

Dieux :

Hapy est la puissance bienfaisante du Nil (crues), elle est liée au mythe de la naissance du monde.
Moitié homme (Nord, Lotus, eau), moitié femme (Sud, Papyrus, terre fertile), les deux figures se lient. Au centre des deux figures se trouve le Séma-taoui ou trachée artère qui symbolise l'unification de la Haute et Basse Egypte, représentation d'un poumon en dessous. Hâpy est la personnification divine du Nil dans la mythologie égyptienne.
Figure de fertilité incarnant l'inondation et ses bienfaits, Hâpy est représenté par un homme aux chairs bleues évoquant le milieu aquatique et au corps rebondi, signe de fécondité. Au Nouvel Empire, il se dédouble et symbolise le Nil du Nord et le Nil du Sud. Ces deux personnages accompagnent la représentation du sema-taouy.
Chaque année, le Nil débordait de son lit pour fertiliser les rives asséchées par le climat aride de l’Égypte. Le limon qu’il transportait rendait possible leur culture. Symbole de ces crues annuelles, Hâpy, avait un rôle prépondérant dans la vie des Égyptiens de l’antiquité : du niveau de ces crues dépendait la survie de ce peuple, qui était aussi bien touché par des crues trop faibles (qui asséchaient les cultures) que par les débordements excessifs de ces flots qui provoquaient de grandes innondations. Selon la légende, Hâpy vivait dans deux lieux cachés. Le premier se situait sous la première cataracte du Nil, près d’Éléphantine. De là, il versait le contenu de deux jarres pour faire monter les eaux de Haute-Égypte. L’autre lieu était situé en Basse-Égypte près de Memphis, et servait à approvisionner le Delta en eau féconde. Les Égyptiens attribuaient à Hâpy la force vitale du Nil qui provenait en fait du limon noir qu’il transporte qui fertilisait les rives du fleuve et apportait sa richesse à l’Égypte. Il est également, par extension, le symbole de la prospérité et de la fécondité. Hâpy était représenté sous les traits d’un personnage aux formes androgynes. Si son corps est masculin, il n’en a pas moins deux grosses mamelles féminines qui assurent la prospérité aux Égyptiens. Son ventre est proéminent et gras, et il porte sur la tête un panache de plantes du Nil. Il est souvent représenté sous la forme duale de jumeaux. L’un portant sur la tête des tiges de papyrus (symbole de la Haute-Égypte) et l’autre portant un nénuphar (symbole de la Basse-Égypte).

   
Hapy
Hapy (bas-relief, XIXème dynastie)
 
Temple funéraire consacré au Ka du Pharaon Thoutmosis III  
" Château de milliers d'années " : rapprochement du temple funéraire et du temple divin
 
Temple de Louxor (Thèbes)  
Entrée du temple (mâts porte-drapeaux, pylônes de l'entrée)
Grande cour privée (culte très élitiste)
Salle hypostyle (plafonds soutenus par des colonnes) aux chapiteaux en forme de papyrus, lotus, cloche, tête d'Hathor (déesse du Ciel), palmier. Le plafond de la salle se rétrécit pour réduire la lumière dans la dernière salle.
Naos : sanctuaire et tabernacle renfermant la statue du Dieu en or. Les prêtres sortent la statue pour la faire manger, habiller, laver, maquiller.
Il y avait une forte activité religieuse autour du temple et beaucoup de prêtres.
 
Aménophis III (bronze)  
Idéalisation de la jeunesse
Déclaration du Pharaon : " Je suis l'image de Dieu vivante sur Terre "
 
Aménophis IV  
Déclaration du Pharaon : " Je suis le créateur "
Appropriation des fonctions divines
Aménophis IV fonde la nouvelle ville Amarna (Akhetaton) pour instaurer un culte du dieu Aton (soleil : dieu unique et visible). Il se renommera Akhénaton. Il veut contrer le pouvoir et la richesse de Thèbes. Il instaure de nouveaux motifs et styles dans l'art (le style " Aton ") :
- Scènes d'intimité (calins)
- Rubans et voiles qui volent
- Soldats qui courent
Mais le clergé thébain va réagir et récupérer le pouvoir sous Toutankhamon, le Pharaon suivant.
 
Aménophis IV recevant les croix de vie de Aton (bas-relief)  
 
Aménophis IV (1,37 mètres, calcaire, Musée du Louvre)  
Visage très typé, idéalisé
 
Néfertiti (buste, 48 cm, Berlin)  
Femme d'Aménophis IV
Peinture magnifique, maquillage très fin, cou impérial au collier
 
Petites statues d'Aménophis IV et Néfertiti
 
Statues vendues dans la rue pour le culte populaire du Pharaon
 
Masque d'or de la momie de Toutankhamon  
Toutankhamon s'appelait Toutankhaton avant le retour du culte d'Amon voulu par les prêtres. Il meurt à l'age de 18 ans.
Il porte un cobra et un vautour, déesses de la Haute et Basse Egypte
Pierres précieuses : Cornaline (évocation du sang des dieux), or (évocation de la chair des dieux) et lapis-lazuli (évocation des cheveux des dieux)
 
Trône royal de Toutankhamon (Caire)  
Caractéristique du style " Aton " instauré par Aménophis IV : pose inédite, voiles, ventre rond (symbole de fertilité et création), Aton, scène d'onction de sa femme sur Toutankhamon
 
Séthi I et Hathor (Musée du Louvre)
 
Hathor, déesse du ciel donne le collier de l'immortalité à Séthi I
Pagnes transparents, pieds visibles (depuis Aménophis IV), doigts effilés, raffinement caractéristique de cette époque
 
Ramsès II
 
Fondateur d'Abou Simbel. Il aurait eu 150 enfants. Sa première épouse est Néfertari.
Guerre en Syrie et alliance avec les Hittites après avoir été longtemps avec eux en état d'hostilité. Il copie les équipements des orientaux (cote de maille, casque, épées, flèches, chars) mais ces équipements coûtent chers, ce qui entraînera une crise économique.
 
Colosses royaux d'Abou Simbel
 
Réalisé à la 25ème année du règne de Ramsès II
Les chasses du roi représentées sur les pierres sont métaphoriques : elles représentent le roi terrassant ses ennemis.
 
Livre des morts
 
Ramsès II ajoute une deuxième condition pour obtenir l'immortalité : se faire embaumer (première condition : passer le jugement d'Osiris)
- Osiris réalise le jugement en posant sur une balance d'un côté le cœur du Pharaon, de l'autre la plûme de la Maât (équilibre cosmique, principes moraux et vertus de modération, discrétion, générosité)
- Thot note le résultat (tête d'Ibis ou babouin ; dieu de l'écriture, de la sagesse)
- Anubis réalise la momification (tête de chien ; dieu de la momification)
Les Egyptiens avaient constaté que des hommes étaient bien conservés naturellement dans le sable (natron : carbonate de sodium naturel)
Techniques de momification : enlèvement des vicaires, 40 jours dans le sable (natron), le corps est ensuite rempli et embaumé avec des amulettes porte-bonheur pour le passage dans l'au-delà, la momie est transportée, cérémonie de la bouche et des yeux qui relie le défunt au royaume des morts.
 
Serviteurs funéraires (bois, pierre)  

Présents dans le tombe sous forme de momie, de différentes tailles.
Ramsès II en avait plus de 365.

 
 

6. Basse Epoque
 
De -1080 ans à -332 ans :

-1080 ans : Troisième Période intermédiaire.
Bronzes, divines adoratrices, de plus en plus de statues de particuliers dans les temples
-664 ans : Basse Epoque
Développement des superstitions : les animaux vont devenir plus importants que les hommes eux-mêmes (momification de chat, chien, taureau)
Nombreuses dominations étrangères

Chattes Bastet

Corps féminin à tête de chat ou chatte en train d'allaiter ou chatte en posture " royale "
 

 
Crédit Textes et Photos :
www.louvre.fr / www.metmuseum.org / www.insecula.com
www.thebritishmuseum.ac.uk / fr.wikipedia.org